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Ma première séance



Le rendez-vous est aujourd'hui. Dans quoi je me suis embarqué.e avec cette idée de thérapie ? Sur le site, j'ai lu « Approche Centrée sur la Personne ». Ça ne veut rien dire, c'est tellement vague. En même temps, mon ami.e m'a dit : « Tu verras, c'est difficile à expliquer, il faut l'expérimenter. »


Je rentre dans le cabinet. C'est clair et agréable. Le thérapeute est âgé d'une cinquantaine d'années. Il m'accueille avec un sourire barbu et m'invite à prendre place.

Le fauteuil est confortable. Un silence s'installe. J'en profite pour regarder autour de moi. Le mobilier est simple et fonctionnel. Il y a l'obligatoire bibliothèque remplie de livres savants et une décoration japonisante. Quelques objets sont éparpillés négligemment.

Le silence dure. Ce n'est pas pesant, mais inattendu. Ne demande-t-il rien ? Est-ce que je ne suis pas censé.e lui expliquer mes symptômes ou l'histoire de mon enfance ? Au bout d'un moment, il brise le silence. Ses seuls mots d'introduction sont : « Je ne sais pas de quoi nous allons parler pendant l'heure devant nous, mais je suis là pour écouter tout ce que vous souhaitez aborder. »

Je suis un peu déboussolé.e. Je ne sais pas trop par où commencer. Si c'était simple, je ne viendrais pas consulter. Bon. Je commence quelque part. Il m'écoute sans m'interrompre. De temps en temps, il reformule simplement ce que j'ai dit. Je commence à me sentir à l'aise. Je continue à débiter un peu au hasard. Son écoute est attentive.


Là, il y a une scène qui me revient, qui m'a tracassé toute la semaine. Il m'invite à m'installer dans ce souvenir comme s'il se déroulait maintenant, avec toutes les émotions au présent. Ma parole se ralentit. Ses commentaires deviennent plus épars et sa voix s'adoucit. Mon cœur commence à battre plus fortement et ma respiration s'accélère. Quand je ferme les yeux, je suis à nouveau dans la scène de la semaine dernière. Je sens mes mains moites sur les accoudoirs du fauteuil. C'est douloureux de revenir sur ce souvenir. En même temps, je sais que je ne suis pas en danger — je suis même confortablement installé.e. Je sens le thérapeute très présent ; son regard est vif. D'un côté, je n'ai pas envie d'aller à cet endroit — c'est sombre — mais en même temps, je sens que c'est important. Son accompagnement délicat me fait revivre la scène sans forcer. Nous sommes capables de l'observer de tous les côtés sans que je me fasse submerger d'émotions. Il a l'air de comprendre, presque comme s'il regardait à travers mes yeux.


Soudainement, j'ai un mouvement intérieur, quelque part entre la poitrine et le ventre. Il m'invite à aller chercher encore plus loin. Je le sens très proche de moi. Je commence à sentir que mes réactions sont liées à des besoins restés sans réponse. C'est comme si je voyais plus clairement ma boussole intérieure. Je sens mieux mes aspirations. Je me sens soulagé.e. La crispation qui s'est durcie depuis un quart d'heure dans mes épaules a lâché. Quelque chose s'est remis en place en moi.


L'autre fois, dans l'action, je n'avais pas compris ce qui se jouait. Quel était mon rôle, ou encore quel rôle je jouais. Mais maintenant, ça devient plus clair. Avant, j'étais un peu déconnecté.e de ce qui était vraiment important pour moi. Le thérapeute n'a pas dit grand-chose, mais grâce à son écoute bienveillante, j'ai pu regarder des endroits que je me refusais d'explorer seul.e. Je me sens plus proche de moi maintenant.


Je sors du cabinet avec un sourire sur les lèvres. La prochaine fois, je sais que je pourrai agir différemment dans ce genre de situation. Sur le chemin du retour, j'ai déjà une idée de ce que je souhaite explorer dans la prochaine séance.

 
 

Adresse

Contact

4, Impasse des Jardies

92190 Meudon

07 83 79 31 55
hp.psychologiehumaniste@gmail.com

ACCES
 

Ligne N : en moins de 20 minutes depuis la gare Montparnasse

Tram T2 : arrêt Meudon sur Seine 

Bus 169 : arrêt Stalingrad (depuis la station Pont de Sèvres - Métro 9)

Le cabinet se trouve dans un cadre serein au bout de l' Impasse des Jardies.

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