Raviver la braise dans les cendres après un burn-out
- H Pütz
- 25 avr.
- 2 min de lecture

On parle de burn-out lorsque la personne expérimente sur une période prolongée un épuisement écrasant, un sentiment d'aliénation souvent teinté de cynisme et une impression de perte de sens ou de valeur. Les conditions au travail et le stress permanent génèrent une perte de confiance dans sa capacité d'avoir un impact constructif. Dans un contexte de stress constant, on perçoit l'environnement comme hostile et développe une perception négative du soi. L'image du "burn-out" décrit bien ce sentiment froid d'être réduit à des cendres après des flammes de passion et d'engagement initiale - maintenant éteints. Notons que - même si les symptômes sont largement similaires à la dépression - l'Organisme Mondiale de Santé reconnait qu'il ne s'agit pas d'une pathologie mais d'un phénomène du monde du travail.
Le burn-out est le produit de conditions externes
Un emploi idéal contribue à notre bien être. Mais souvent, la réalité est tout autre : les conditions d'un burn-out font partie intégrante du système - surtout des grandes entreprises. La pression des objectifs combiné à un manque de ressources, des réorganisations permanentes sont à l'origine du burn-out et non pas une défaillance personnelle. Il devient difficile de boucler la journée, le rythme du sommeil est déréglé et un stress chronique s'installe. Les femmes sont souvent responsables de beaucoup de tâches d'organisation du quotidien - un travail peu, voire non reconnu ; cela les rend plus vulnérables à "craquer" sous la pression.
In fine, les seules vraies solutions s'appuient sur trois axes : améliorer ses stratégies d'ajustement ; si possible, changer les conditions au travail ; ou, en dernier lieu, quitter cet emploi.
Trouver des ressources et reconnecter à ses besoins
Le travail en séance consiste à clarifier lesquels de ces trois axes sont en jeu pour l'individu. Quelles sont les facteurs externes qui peuvent me servir comme ressource (appui sur des collègues "alliés", regagner des poches de contrôle, obtenir des traitements équitables, ...). Mais aussi comprendre ses facteurs internes : est-ce que je me fixe des exigences excessives au-delà de ce qui est attendu de moi ? Y a t'il des ruminations qui me disent : "tu n'es pas fait pour ce travail", "tu n'as pas ta place ici". Ces pensées peuvent devenir des suggestions autoréalisantes.
Ou encore, est-ce que je me coupe de mes émotions intérieures : "je ne devrais pas me sentir ainsi", "ce n'est pas important comment je me sens". Dans ces cas, l'individu est coupé de ses besoins. Sur la durée, ne pas s'écouter mène à un état de défaite et on lâche ses aspirations ou on n'est même plus capable de rentrer en contact avec ses besoins profonds.
Ce travail nécessite de ralentir. Après un marathon perpétuel avec des sprints fréquents, il faut un temps pour récupérer. Parfois, une coupure temporaire est nécessaire, voire vitale. On réapprend à lire ses signaux corporels et les émotions qui y sont liées pour recontacter ses besoins.
Ce travail délicat s'apparente à chercher le petit morceau de braise dans les cendres retombées. On s'approche délicatement de ce morceau de vie pour doucement souffler dessus et le faire grandir à nouveau, l'alimenter d'abord avec des brindilles, puis avec des morceaux plus grands et enfin avec des bûches pour revivre sa vie pleinement en contact avec ses valeurs et passions.

